George R. R. Martin

George R. R. Martin, né le 20 septembre 1948 à Bayonne (New Jersey), est un écrivain américain de science-fiction et de fantasy, également scénariste et producteur de télévision. Son œuvre la plus connue est la série romanesque du Trône de fer, adaptée sous forme de série télévisée par HBO sous le titre Game of Thrones. Il a été récompensé par de nombreux prix littéraires et a été sélectionné par le magazine Time comme l’une des personnes les plus influentes du monde en 20111. Il est aujourd’hui considéré comme le « Tolkien américain ». 220px-George_R_R_Martin_2011_Shankbone
L’univers de Martin est souvent sombre et cynique15 et empreint de mélancolie. Ses personnages sont souvent malheureux ou au moins insatisfaits. Ils ont une dimension tragique et un sort fatal leur est souvent réservé16. Cet aspect sombre et pessimiste peut être un obstacle pour certains lecteurs17. Dans Le Trône de fer, l’écriture de chaque chapitre met en scène un des personnages principaux, ce qui permet au lecteur de voir l’histoire progresser par différents lieux et points de vue. En outre, Martin en vient rapidement à utiliser les perspectives des méchants, renversant ainsi toute vision manichéenne qu’aurait pu avoir le lecteur puisque, bien souvent, les « méchants » eux aussi ont leurs raisons18.
Dans ses nouvelles de science-fiction, les principaux thèmes abordés sont la solitude, les relations humaines, l’amour tragique, le romantisme et l’opposition entre une dure vérité et un mensonge réconfortant.

 

Aujourd’hui considéré comme le “Tolkien américain”, George RR Martin est particulièrement connu pour sa série du Trône de fer. Voici ses conseils pour écrire un bon récit de fantasy !

Laissez vivre votre imagination

Vous voulez créer une histoire large et complexe ? N’hésitez pas ! Le roman vous permet d’écrire ce que vous désirez, sans contraintes externes. “Lorsque j’écrivais pour la télévision, on me répétait que le script était trop chargé, que je devais couper pour des raisons de budget. Une fois revenu au roman, je n’avais plus de limites ! Je pouvais développer un univers énorme avec autant de personnages, de combats et de dragons que je désirais”, raconte George RR Martin.

Multipliez les points de vue

Il vous faut décortiquer votre univers par le biais de plusieurs points de vue afin d’élargir et approfondir votre narration. “Une mosaïque de personnages doit témoigner de petites parts de votre récit pour que vous puissiez obtenir une narration entière et précise. Imaginez que vous écriviez sur la Seconde Guerre mondiale : utiliseriez-vous le point de vue d’un unique soldat américain ? Cela ne couvrirait qu’une partie de la réalité… Les Japonais, les Italiens, les Allemands représentent autant de visions différentes d’un même évènement”, explique l’auteur.

Évitez les clichés du genre

“J’ai lu de la fantasy toute ma vie et je connais les erreurs fréquentes du genre. Je déteste la façon dont les antagonistes sont souvent traités : un seigneur sombre dans son château obscur avec ses sous-fifres habillés en noir et terriblement moches. Il en va de même pour le traitement de la guerre. Ce n’est pas toujours qu’une lutte entre le bien et le mal ! La réalité est plus complexe”, analyse l’écrivain.

Créez des personnages nuancés

Ne soumettez pas trop vite vos personnages à la catégorie des gentils ou des méchants. De fait, “personne n’est purement héroïque ou complètement mauvais. Nous sommes tous des êtres ambigus, capables du pire comme du meilleur. Vous devez créer des personnages nuancés afin de leur donner une véritable profondeur. Un certain nombre de mes personnages sont détestés par les lecteurs, mais je m’efforce de voir le monde à travers leur regard et de donner du sens à leurs actes”, explique Martin.

Ne minimisez pas la violence

“Si vous relatez une guerre dans un univers médiéval, montrez-le. Vous devez la décrire en toute honnêteté, dans toute son horreur. Les batailles médiévales étaient très sanglantes et laissaient des blessures hideuses. Soyez crédible”, conseille l’écrivain.

Quand les grands auteurs parlent de leur oeuvre…

Pour celles et ceux qui l’ignore, G.R.R. Martin est l’auteur de la saga Le Trône de Fer. Classée en fantaisie, cette saga a été publiée pour la première fois en 1996 aux USA, et en 1998 en France. Elle n’est pas toute fraîche mais fonctionne encore parfaitement. La preuve, la série produite par HBO a été la plus regardée et la plus téléchargée en 2013. D’ailleurs la saison 4 de Games of Thrones est prévue en diffusion le 31 mars 2014. Encore un peu de patience.

En attendant, profitez donc des quelques conseils que vous livrent généreusement G.R.R. Martin !

Les quelques conseils pour  les novices.

On ouvre bien grands ses yeux et on prend des notes !
L’imagination. C’est la clé de tout travail d’écriture. On est jamais en panne d’inspiration et d’imagination quand on écrit des romans de fiction, et si tel est le cas, lisez ! Ecrivez votre roman avec tous les détails qu’il faut pour rendre votre aventure inoubliable. Ne soyez pas avare en détails et en description. Les mots existent, il suffit de les trouver et de les intégrer à votre récit. L’auteur évoque son travail de scénariste en expliquant qu’en raison des budgets, le scénario doit aller à l’essentiel. La caméra est un outil limité, l’imagination est, quand à elle, totalement illimitée.

Les points de vue narratifs

Lorsqu’on raconte une histoire, il existe de nombreuses techniques de narration. On parle de narrateur omniscient, narrateur personnage, narrateur extérieur à l’histoire, le narrateur est l’auteur lui-même, etc. Bref, les narrations sont multiples et en fonction de l’histoire que vous souhaitez raconter, choisissez celui qui rend le mieux. N’hésitez pas à tester plusieurs types de narration pour voir comment votre histoire peut être racontée.
A côté de la narration, on parle de points de vue. Il peut être interne ou externe. Rien ne vous empêche, lors de l’écriture, de les multiplier. La technique utilisée par G.R.R Martin est celle du l’opposition de e nombreux personnages dans un monde de guerre. En effet, multiplier les personnages permet de multiplier les points de vue. Attention tout de même à développer de la même manière vos personnages principaux pour éviter que l’un ou l’autre ne prenne l’ascendance.

L’histoire, source d’inspiration

L’histoire n’appartient pas à un seul homme mais à tous les hommes. Rien ne vous empêche de vous inspirer d’anecdotes historiques, de les transformer et de les intégrer à votre récit. C’est d’ailleurs ce qui fait la force d’un roman de fantaisie : on comprend bien que l’histoire se déroule dans une époque médiévale (références, vêtements, codes, armes, etc.) et pourtant il est impossible de situer cette époque dans le temps réel. C’est là toute la force d’un récit de fantaisie.
Quand on vole une seule source c’est du plagiat, quand on en vole plusieurs, c’est de la recherche !

Soignez vos personnages

Les personnages sont les piliers de votre roman. Ils traversent des épreuves qui mettent leurs sentiments et leurs émotions à rude épreuve. C’est tout ce qui plait au lecteur. Pour cette raison, il est indispensable de bien les travailler. Chaque personnage doit avoir son caractère, sa façon de réagir, sa moral, ses sentiments.
Travaillez vos personnages dans ce sens : chacun d’eux doit être unique et laisser sont empreinte dans l’esprit de votre lecteur. Vos personnages doivent être tout en nuance. Bien entendu, cela signifie un gros travail d’étude, pour les rendre les plus humains possibles. Cherchez à avoir des personnages gris, et non « tout blanc » ou « tout noir ». Tout personnage, même le plus méchant, doit avoir sa part de bonté et d’humanité.
Avoir de nombreux personnages peut s’avérer très compliqué. Ce n’est pas donné à tout le monde de suivre une dizaine de personnages et leur donner la même importance, les faire se croiser de manière cohérente, en respectant leur caractère et leurs affinités. Cela demande du talent autant que du travail.

N’ayez pas peur de la mort

Pour un auteur, il est délicat, voire parfois impossible, de tuer son personnage. On n’y attache, on l’aime. Et pourtant, le deuil fait naitre des actes dont on ne soupçonnerait pas la portée – surtout dans un roman de fantaisie ! G.R.R Martin en use énormément. La mort est omniprésente et fait naitre la tristesse et la douleur. Jouant sur la corde sensible, l’auteur vous fait regretter un personnage, même un méchant. Tout ça parce que les personnages sont complexes.En effet, personne ne va pleurer la mort du loup dans le petit chaperon rouge. En revanche, on s’attriste de la mort de Robert Barathéon, qui n’a pourtant pas fait grand chose ! Faire naitre des sentiments chez le lecteur pour des personnages fictifs est une force. Testez et vous verrez !
La violence, parce qu’elle est en tout homme
La violence suscite l’horreur et l’indignation. C’est normal ! Mais utilisé dans un roman, cela a encore plus de poids. Comment l’auteur ose-t-il faire tant de mal à ses personnages ? Tout simplement pour attirer votre attention. L’histoire en devient encore plus intéressante.
On dit bien que le bonheur n’intéresse personne ! Toutefois, dosez la violenteront vous faites preuves avec vos personnages au risque les décrédibiliser.

Exit les clichés

Bon nombre de romans sont écrits avec passion et amour. Malheureusement ils n’intéressent pas le public : vos personnages ne sont pas assez profonds, votre roman est truffé de clichés, votre histoire n’est pas assez noire, etc. La liste des « défauts » peut être longue. Premier conseil, commencez par la chasse aux clichés. Une fois dénichés, bannissez-les et trouvez des alternatives plus intéressantes.
On se souvient bien des scènes « classiques » : une tornade se profile et le météorologue appelle son chef, endormi. Il se réveille comme une fleur, allume directement la lumière puis la télé pile sur la chaine des infos où on voit des images de la tornade…
Tentez autant que possible de surprendre votre lecteur. Il n’y a rien de pire qu’un lecteur qui devine la suite des événements. C’est la fermeture et l’abandon assurés !

Conclusion

G.R.R Martin termine en disant que tout univers doit également savoir accueillir sa part de clarté. L’espoir est indispensable dans tout bon récit. Ce fut le cas dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien, mais c’est aussi le cas dans le Trône de Fer. Lisez et inspirez-vous de ce qui a déjà été fait. Faites des recherches et appliquez les conseils !
Pour aller plus loin. 

Game Of Thrones : G.R.R. Martin demande conseil à Stephen King
24 juin 2016, 09h33 0

G.R.R. Martin, l’auteur de Game Of Thrones a demandé quelques conseils à Stephen King lors d’une discussion publique à Albuquerque au Nouveau-Mexique.
Quand deux grands écrivains se rencontrent, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des trucs de grands écrivains.
La discussion a duré près d’une heure lors d’un événement à Albuquerque au Nouveau-Mexique. Elle est à retrouver dans son intégralité en fin d’article. Si vous n’avez pas le temps, rendez-vous directement à 50:08.
C’est le moment qu’a choisi G.R.R. Martin pose LA question qu’il a toujours voulu poser à Stephen King. En version orginale ça donne : « How the F… do you write so fast ? » ou en version sous-titrée : « Mais p…. comment faites-vous pour écrire si vite ? ». Avant d’avouer pour légitimer sa question : « en six mois, j’écris trois chapitres et vous, vous sortez trois livres ! ».
Mais oui ? Quel est donc le secret de Stephen King donc tellement de livres sont devenus des best-sellers et des adaptations sur grand écran ? Réponse : la frappe au kilomètre.
L’auteur de Shining privilégie la quantité. Il écrit sans se soucier de ce qui sera ensuite coupé ou non : « il y a livres et livres. J’écris trois à quatre heures par jour. Et j’essaye de produire une demi-douzaine de pages « assez propres ». Donc si je dois écrire un livre de, disons, 360 pages, je le termine en deux mois. Mais tout ça sous la condition que l’inspiration vienne tous les jours ».
Stephen King a également tenu à apporter son soutien à G.R.R. Martin : « Les gens vous crient dessus tous les jours : « on veut le prochain tome de la saga et on le veut tout de suite. Ce ne sont que des bébés. Je compatis ».
G.R.R. Martin demande conseil à Stephen King